Le chèque énergie constitue une aide précieuse pour alléger les dépenses liées au chauffage, à l’électricité ou même à certains travaux de rénovation. Mais en tant qu’étudiant locataire, êtes-vous concerné par ce dispositif ? Tout dépend de votre situation administrative, fiscale et du type de logement que vous occupez. Voici un décryptage complet pour comprendre si vous êtes éligible et comment en bénéficier de manière concrète.
Critères à remplir pour bénéficier du chèque énergie
Déclaration de revenus et indépendance fiscale
Pour prétendre au chèque énergie lorsque vous êtes étudiant, vous devez impérativement avoir rempli votre propre déclaration de revenus et ne pas être rattaché au foyer fiscal de vos parents. Ce critère est fondamental : il conditionne l’analyse de vos ressources personnelles, qui seront comparées au seuil d’éligibilité fixé par l’administration.
Un contrat d’énergie à votre nom
Autre condition non négligeable : être titulaire d’un contrat d’électricité, de gaz ou de toute autre source d’énergie applicable à votre logement. Si le contrat reste au nom de vos parents, d’un colocataire ou du gestionnaire de résidence, vous sortez du champ d’application du chèque énergie.
Plafonds de revenus
L’éligibilité repose sur une mesure appelée Revenu fiscal de référence par unité de consommation (RFR/UC). Pour une personne seule (ce qui est souvent le cas d’un étudiant en location), le RFR/UC ne doit pas dépasser :
- 11 000 € pour l’année de référence
Bonne nouvelle : les bourses étudiantes ne sont pas prises en compte dans ce calcul. De plus, les étudiants n’ayant eu que des revenus d’appoint peuvent se retrouver sous ce seuil.
Montant du chèque selon vos ressources
Le montant attribué varie en fonction de votre RFR/UC. Voici un tableau récapitulatif pour une personne seule :
| RFR/UC | Montant annuel |
|---|---|
| Jusqu’à 5 700 € | 194 € |
| Entre 5 700 € et 6 800 € | 146 € |
| Entre 6 800 € et 7 850 € | 98 € |
| Entre 7 850 € et 11 000 € | 48 € |
Des montants certes modestes, mais qui peuvent couvrir un mois – voire plus – de consommation énergétique lorsque vous êtes étudiant.
Comment utiliser le chèque énergie
Paiement de vos factures énergétiques
Ce bon de paiement est accepté par tous les fournisseurs d’énergie pour régler vos consommations d’électricité, de gaz naturel, de fioul, mais aussi de bois, charbon ou pellets. Il suffit généralement de renseigner le numéro du chèque sur l’espace client de votre fournisseur.
Participation à des travaux de rénovation énergétique
Le chèque peut également servir à payer une partie de travaux visant à améliorer la performance énergétique du logement, à condition qu’ils soient effectués par des professionnels certifiés RGE. Une solution parfois envisagée dans les colocations lorsque l’un des étudiants est cosignataire du bail et du contrat d’énergie.
Déduction du loyer dans un logement conventionné
Dans le cas où vous occupez un logement conventionné CAF/APL, votre propriétaire peut accepter le chèque comme un moyen de paiement d’une partie du loyer, sous condition que les charges liées à l’énergie soient incluses. Ce cas est moins fréquent mais reste possible. À noter : certaines directives de la CAF peuvent aussi moduler cette pratique selon la région.
Cas particuliers selon votre type de logement
Locataire en logement autonome
Si vous louez un studio ou un appartement individuel avec un contrat EDF ou autre fournisseur à votre nom, vous cochez toutes les cases pour bénéficier du chèque énergie. Cela reste la situation la plus favorable à une attribution concrète.
Résident dans une résidence universitaire
Ici, la situation est moins évidente. Dans la majorité des cas, l’électricité et le chauffage sont mutualisés et inclus dans les charges fixes. Par conséquent, vous ne serez pas éligible, sauf exception si le logement est considéré comme autonome et conventionné APL. L’étude de cas par cas reste donc essentielle. Kelwatt fournit des précisions utiles sur cette situation hybride.
Une attribution automatique mais conditionnelle
Contrairement à d’autres aides, vous n’avez aucune démarche à faire si vous remplissez les conditions fiscales et administratives. L’administration fiscale se base sur votre déclaration de l’année précédente pour identifier les bénéficiaires. Le chèque est ensuite envoyé automatiquement par courrier ou activé en ligne selon les cas.
Pour vous garantir une réception sans accroc, veillez à faire une déclaration de revenus chaque année, même si vous n’êtes pas imposable. Une absence de déclaration vous rend automatiquement inéligible au dispositif.
D’autres solutions existent également pour optimiser les aides publiques destinées aux locataires. Par exemple, connaître les aides à l’installation disponibles pour les jeunes adultes quittant le domicile parental peut s’avérer tout aussi stratégique dans votre parcours de logement étudiant.
Quels réflexes pour vérifier votre éligibilité ?
Voici les vérifications essentielles à faire :
- Ma déclaration de revenus est-elle individuelle ?
- Mon RFR/UC est-il inférieur à 11 000 € ?
- Le contrat d’énergie est-il à mon nom personnel ?
- Mon logement est-il conventionné APL (si je souhaite déduire le chèque de mon loyer) ?
Si vous répondez « oui » à ces questions, vous avez de grandes chances de recevoir le chèque énergie sans délai. Des outils de simulation sont proposés par les plateformes spécialisées comme Service-public.fr pour conforter vos estimations.
Enfin, il est utile de conserver précieusement le chèque (au format papier ou numérique) car celui-ci est valable plusieurs mois. Il peut même être utilisé de manière anticipée sur l’année suivante, si vous en faites la demande spécifique au moment du renouvellement.